Profession infirmière libérale en France : actualités et mouvements de contestation
Un contexte professionnel sous tension
En 2026, la profession d’infirmier libéral en France se trouve à un moment charnière, traversée par des contestations sociales fortes et des débats politiques qui interrogent l’avenir du mode d’exercice libéral, de la rémunération et des conditions de travail.

1) Contestation liée au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026)
Le PLFSS 2026 — texte clé déterminant les recettes et les dépenses de l’assurance maladie — a suscité de vives réactions parmi les soignants libéraux, y compris les infirmiers. Plusieurs dispositions du budget 2026, notamment la possibilité pour le gouvernement de modifier certaines cotations par décret (article 77), ont été perçues comme une atteinte à l’autonomie tarifaire et à la stabilité des revenus des professionnels de ville. (Egora)
Face à ces mesures jugées défavorables, des syndicats comme Infin’idels et ONSIL ont appelé à la mobilisation, notamment pour dénoncer la baisse de cotations sur des actes spécifiques (par exemple les perfusions longues) et l’absence de revalorisation significative des actes infirmiers depuis plus d’une décennie. (Egora)
2) Mouvement de grève et solidarité interprofessionnelle
Le début de l’année 2026 a vu un mouvement de grève sans précédent des médecins libéraux, qui s’est étendu à d’autres professions de santé à l’approche de manifestations le 10 janvier à Paris. Cette mobilisation, coordonnée par plusieurs syndicats médicaux, vise à protester contre des mesures jugées dommageables pour l’exercice libéral (budget, capacités d’installation, régulation des honoraires), et elle a créé un climat d’inquiétude général dans le secteur de la ville. (Sortir à Paris)
Des infirmiers libéraux ont annoncé leur soutien à ces mouvements ou leur présence aux manifestations, témoignant d’une solidarité interprofessionnelle plus large. La convergence des revendications reflète la perception partagée d’un manque de reconnaissance et de conditions d’exercice dégradées. (Egora)
3) Conditions d’exercice, pression administrative et questions de sécurité
Parallèlement aux contestations liées au PLFSS, les infirmiers libéraux continuent de signaler d’autres difficultés dans leur exercice professionnel :
- Violences envers les soignants à domicile, pointées par des organisations professionnelles, qui attirent l’attention sur un contexte d’insécurité croissante dans l’exercice à domicile. (SNIIL)
- Blocages réglementaires et retards dans l’application de la “loi infirmière”, ce qui génère de l’incertitude pour les professionnels quant à l’évolution de leur cadre d’exercice. (SNIIL)
Revendications principales des infirmiers libéraux
Rémunération et cotations
Un des enjeux clefs concerne la valorisation des actes infirmiers. Certaines analyses rappellent que des actes essentiels, comme l’“acte médico-infirmier” (AMI), n’ont pas été revalorisés significativement depuis 2009, ce qui alimente le mécontentement face à la pression des coûts (carburant, assurances, matériel). (TF1 INFO)
Autonomie d’exercice
La possibilité pour l’État ou l’Assurance maladie d’ajuster unilatéralement certaines cotations ou conditions d’exercice est une préoccupation majeure pour une profession qui valorise liberté d’organisation, gestion autonome des honoraires et relations directes avec les patients.
Sécurité et conditions de travail
Outre les aspects financiers, la profession revendique des mesures pour mieux protéger les infirmiers lors des visites à domicile, en particulier face à des violences croissantes, et pour clarifier l’application de nouvelles obligations réglementaires. (SNIIL)
Un mouvement social qui réinterroge la place du libéral
La mobilisation actuelle s’inscrit dans un contexte plus large de création de liens entre différentes professions de santé libérales confrontées à des préoccupations communes (financement, conditions d’exercice, attractivité de la médecine de ville). Elle reflète aussi une inquiétude profonde quant à l’évolution du système de santé français, parfois perçu comme éloigné des réalités du terrain.
Les syndicats infirmiers, dont la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) qui représente officiellement les IDEL dans les négociations conventionnelles, jouent un rôle central pour structurer ces contestations et défendre les intérêts professionnels auprès des pouvoirs publics. (Wikipédia)
Conclusion
En 2026, la profession d’infirmier libéral en France traverse une période marquée par une mobilisation sociale significative, motivée par des préoccupations financières, réglementaires et organisationnelles. Si les mouvements de protestation s’élargissent à d’autres professions de santé, ils traduisent surtout un besoin accru de reconnaissance et une volonté de préserver un exercice libéral viable et adapté aux besoins actuels de santé des populations. La suite des débats autour du PLFSS, des négociations conventionnelles et des réponses politiques apportées dans les prochains mois sera déterminante pour l’avenir de la profession.
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